L'histoire d'un parcours de vie changé par des douleurs morales et physiques dues à la chirurgie esthétique. Alors depuis : "La vie ne se compte pas en respirations mais en moments qui t'ont coupé le souffle"
Par Lmvie
"Ici bas, la douleur à la douleur s'enchaîne, le jour succède au jour, et la peine à la peine". Alphonse de Lamartine
Plage dans les deux sens du terme.
Celle que je parcourais était bien réelle.
Je marchais le long du rivage, traînant mon corps décharné.
Les cocotiers baignés de soleil laissaient choir bruyamment leurs palmes mortes sur le sable farineux, gris.
Le bruit était impressionnant et le sol tremblait lorsqu'elles tombaient.
Le son de leur chute s'accompagnait de celui de la barre colossale, rugissante, énorme vague qui se cassait avec un vacarme assourdissant et déferlait jusqu'à mes pieds, puis se retirait avec une telle puissance qu'elle me déséquilibrait.
Elle aurait pu m'emporter.
Je ne l'ai pas choisi même si je fus tentée maintes fois.
Ces bruits je les aimais.
Ils me rappelaient que je faisais malgré tout partie de quelque chose, si ce n'était plus de la société, c'était de la nature, de l'univers.
Là j'existais encore, peu, mais j'existais, du moins je m'en persuadais.
Je portais un chapeau en pagne coloré, car le soleil violent était chose révolue pour moi.
Un simple chapeau, léger comme une plume et qui pourtant pesait une tonne tel un heaume sur mon crâne solidifié.
Car si j'avais réussi un tant soit peu à émerger, mon visage lui se souvenait et me disait que ce n'était pas fini.
Loin de là.
Jamais je n'aurais imaginé que j'étais un embryon de moi, que j'abandonnais à jamais un être humain, et que "l'autre" qui allait apparaître n'était que le vrai moi-même.
J'étais en transit, je n'étais plus celle d'avant mais je n'étais pas non plus la nouvelle.
Situation très inconfortable.
J'aurais aimé lui dire:
"Bienvenue étrangère,je ne te connais pas...qui es-tu ?
J'ai peur.
Très peur.
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