Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'histoire d'un parcours de vie changé par des douleurs morales et physiques dues à la chirurgie esthétique. Alors depuis : "La vie ne se compte pas en respirations mais en moments qui t'ont coupé le souffle"

Publicité

Accompagnement

                                                                                                               

                                                                                                     "Nous croyons être affligés de la mort d'une personne, quand c'est la mort seule qui fait impression sur nous."  Gabriel Sénac de Meilhan        

L'appareil auquel était relié mon père par un tuyau n'émit plus le même son.
Comment un écran à la lumière verte se permettait-il de diminuer son intensité lumineuse et sonore ?
Comment était-ce possible ?
De quel droit ?
Pour la première fois de ma vie j'allais lire sur un écran: la mort.
Qu'avait-il à voir avec mon père ?
Ce n'était qu'un bloc de ferraille qui était en train de décider de la disparition de la vie.

J'étais encore "à l'époque" révoltée. Je ne le serai pas au décès récent de ma mère que j'ai accompagnée également, avec d'autres mots, la psychanalyse est passée par là entre temps.

Je restais à côté de lui, lui tenant la main, lui caressant le visage et l'embrassant.
J'allais pas à pas l'emmener aux "portes"...de quoi ?
Je lui disais que je ne savais pas ce qu'il voyait, ce qu'il ressentait mais que j'étais là près de lui pour "franchir" ce passage.
Que c'était sans doute lumineux, qu'il allait être soulagé de la souffrance, apaisé, sans avoir peur, libre enfin.
Qu'ensemble nous allions rejoindre ses parents, ses frères, ses amis et comme il aimait lever le coude ("à la santé" de qui ?) et trinquer sans doute avec Jean Carmet que j'affectionne particulièrement.
De ne pas oublier en arrivant de"valser"encore et encore pour fêter son arrivée.
Je ne savais strictement rien.
Qu'ensemble nous resterions toujours et que moi aussi je le retrouverai.
Les paroles sortaient plus de mon coeur et de mon âme que de ma bouche.
Je ne sais plus combien de temps je suis restée près de lui "à dire".
Je saurai dix années après, grâce à "mon divan et moi" que le travail de deuil peut s'effectuer "avant" un décès, que malgré mes dix années de psychothérapie celui de mon géniteur n'était pas "bouclé".
Pour la première fois de ma vie j'allais lire sur un écran: la mort.
Ce ne fut plus mon père, mais une ligne droite au son continu.
J'ai lâché sa main et j'ai déposé le "dernier baiser".
Son souffle s'est arrêté il était dans mes bras.
Il ne "pleuvait pas sur Nantes" mais sur Paris.

Suite


















Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
<br /> <br /> C'est toujours une consolation de pouvoir les assiter dans leurs derniers moments. Il me semble que le deuil est plus facile à faire ensuite.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> Cela fait déjà partie du travail de deuil...<br /> <br /> <br /> Une douleur occultée est une douleur qui dure à jamais.<br /> <br /> <br /> Belle journée à toi<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Q
.........Juste parce que j'avais envie de te dire quelque chose mais que je ne savais pas quoi.
Répondre
L
<br /> Merci du fond du coeur...<br /> <br /> <br />
L
Un récit qui me touche personnellement. je ne peux pas encore en parler pourtant cela date de 1986 pour papa et 1998 pour maman. Bises. Violette
Répondre
L
<br /> Chacun fait comme il "peut"<br /> Je t'embrasse<br /> <br /> <br />
L
Tant de justesse dans tes mots, tant d'images, tant de son du coeur que j'ai froid. Tu me fais penser à une chanson d'Adamo : "Je voudrais mourir dans tes bras".<br /> Et je ressens quelque chose en ce moment : j'ai de la chance d'avoir croisé tes mots.<br /> Un écran : tu bats.
Répondre
L
<br /> Je me bats.<br /> Je t'embrasse<br /> <br /> <br />
T
Je suis de tes abonnés et j'en suis fier. Une pensée émue pour ton père. "Nantes", tu fais allusion à la grande Barbara et tu sais, après la lecture de ton précédent billet, si j'en avais eu le temps, j'aurais publié un autre billet avec "Nantes" de Barbara. Tu vois, Lmvie-amie, il y a un lien entre la chirurgie esthétique et la mort. Dans nos sociétés, il ne faut pas vieillir, il ne faut pas mourir. On maquille la mort. On enferme le mort dans un frigidaire. Pourtant, un mort, il faut le sentir devenir mort. Je n'imagine pas que mes proches puissent mourir loin de moi, seuls, dans une chambre d'hôpital. Une société qui occulte la mort de sa pensée est une société morte. Nous vivons dans une société morte. Toi qui as voyagé, tu sais mieux que moi que dans les tribus retirées, la mort ne sa cache pas; la mort se vit. Une société qui occulte la mort est une société morte. Que restera-t-il de notre époque ? Il fut un temps, chez les Égyptiens, où l'on choyait la mort : les traces de cette civilisation très ancienne sont immenses. Je ne pense pas que notre civilisation actuelle laisse de grandes traces dans l'histoire de l'humanité. Oui, la psychanalyse, oui, la psychanalyse, elle, elle restera. Dans "Carnet d'Asies", je parle de la mort. Je dis : cette empêcheuse de dormir. Eh bien, tu vois, ma sœur de psychanalyse, je dors d'un sommeil réparateur, maintenant. Je suis apaisé. Je me suis réconcilié avec la mort. Ça va être bientôt la date anniversaire de la mort de Barbara. Barbara est morte le même jour la même année que ma grand-mère Rosario. Je dis aussi dans "Carnet d'Asies" qu'il n'y a pas de hasards. Non, il n'y en a pas. Nous voici, ici, réunis, dans cette communauté d'humanités. Je t'embrasse avec mon infinie tendresse. Chris-Tian.
Répondre
L
<br /> Comment ne pas être en parfait accord avec ce que tu laisses en mon blog et en accord total...?<br /> Impossible<br /> Merci à toi d'être mon "non hasard"<br /> <br /> <br />