L'histoire d'un parcours de vie changé par des douleurs morales et physiques dues à la chirurgie esthétique. Alors depuis : "La vie ne se compte pas en respirations mais en moments qui t'ont coupé le souffle"
Je me suis posée la question suivante : Pourquoi ai-je choisi des papillons pour illustrer mes articles ?
Dans ce cas là il ne faut pas réfléchir et cueillir la première réponse ou image qui vient à l'esprit, c'est généralement la plus sincère, et ce qui m'est venu c'est le nom d'Henri Charrière surnommé "Papillon".
Je pense que beaucoup d'entre vous connaissent cet homme, bagnard pendant plus de quinze ans dont treize en Guyane et qui écrira un livre dont le titre est tout simplement "Papillon" dans lequel il évoque sa vie au bagne.
Les associations d'idées ne se font pas par hasard, et je dois avoir un point commun avec lui, si lui fut prisonnier au sens propre du terme moi je le fus et le suis encore un peu malgré tout de la "douleur".
A chacun ses chaînes plus ou moins lourdes à porter, à chacun sa cellule d'enfermement.
Je ne lâchai plus cette main secourable.
Je pleurai pendant cinq heures sans vouloir la quitter. J'aurais pu emplir une vasque de mes larmes.
L'infirmière arriva pour la perfusion de laroxyl et là je me mis à hurler ne voulant plus qu'on me fasse souffrir de quelque manière que ce soit.
J'étais en pleine intolérance à la douleur que je supportais depuis dix mois déjà, je faisais une overdose "d'avoir mal", j'étais comme suppliciée.
La perfusion installée, je m'apaisai et Adam arriva.
Il s'assit près de moi sans dire un mot remplaçant mon époux qui venait de quitter la chambre, les épaules rentrées, le regard triste.
"Je ne puis le laisser partir ainsi" dis-je à Adam.
"Il est bouleversé".
Adam prononça ces paroles: "Tant pis pour lui".
Je l'ai trouvé sur le moment dur et injuste mais en fait il avait raison.
C'était moi qui étais allongée sur le lit, c'était moi qui avais besoin de soins, pas lui, c'était de moi qu'il fallait que je m'occupe, c'était le tout premier pas vers l'égoïsme indispensable à ma survie.