Bonne lecture et merci à vous tous qui papillonnez en ce site.
"La
mort n'est pas une chose si sérieuse, la douleur oui" André Malraux
Adam avait pris ma main et la caressait doucement, sans un mot,simplement en message de "douceur", ce dont j'avais le plus besoin.
Une thérapie d'un an par ce geste venait de commencer, un nouveau couple se formait.
Ensemble nous allions parcourir un bout de chemin, au cours duquel je l'aimerai, le haïrai, et ce à raison de trois fois par semaine.
Je fus alitée huit jours pendant les quels le goutte à goutte me servait de bouée de sauvetage.
J'étais reliée à quelque chose qui me soutenait.
Je ne voulais pas que l'infirmière retire cette perfusion, je m'y accrochais comme un enfant aux bras de sa mère.
Il fallut pourtant l'enlever.
A quoi allais-je me tenir ?
A ce bouquet de fleurs qu'on m'avait apporté ? Qu'avait-il de particulier ?
Je le regardai et me rendis compte que je n'avais dû à ce jour jamais "regarder" vraiment. Cette fois je le ressentais autant que je le sentais.
Qu'avais-je fait de mes yeux auparavant ?
Qu'avaient-ils regardé jusqu'à ce jour ?
Je sus à ce moment précis qu'une transformation en moi venait de s'effectuer. Il y en aura bien d'autres, ce n'est que le balbutiement de la métamorphose. (voilà encore un mot qui me ramène au
papillon d'ailleurs)
Mes sens s'éveillaient vraiment. Il faut bien un début à tout.
Mon mari vint me chercher.
Cette fois il fallait sortir de mon refuge, et marcher à l'air libre.
Mes pas étaient hésitants, la tête me tournait, j'avais peur, peur d'aller à la rencontre du monde, de la vie.
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