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L'histoire d'un parcours de vie changé par des douleurs morales et physiques dues à la chirurgie esthétique. Alors depuis : "La vie ne se compte pas en respirations mais en moments qui t'ont coupé le souffle"

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Un regard









      "La douleur est un siècle la mort un moment". Jean Louis Baptiste Gresset



Un soir, à la sortie d'une séance mensuelle du groupe, chacun remonta dans sa voiture.
Je vis Didier fermer la portière de la sienne et je crus à ce moment m'évanouir, mourir sur place.
Que refermait-il sur moi ?
Que se cachait-il derrière cette symbolique ?
Mes jambes se mirent à se dérober, je vascillais.
J'allais vers lui à petits pas : "Tu t'en vas ?" lui dis-je désespérée avec une voix aussi noire que la nuit.
Comment ce départ "non définitif" bien évidemment me bouleversait-il ?
Ainsi se manifeste les reflux immédiats d'un travail sur soi, qu'il faut arriver à surpasser, à dominer.
Isabelle, avait vu la scène, anodine pour n'importe qu'elle autre personne, mais pas pour elle qui s'approcha de moi.
"Tu ne vas pas bien ?" me dit-elle, et sans attendre de réponse ajouta : "Je te raccompagne chez toi".
Arrivées à mon domicile, nous gravîmes les marches qui menaient à la terrasse et me dit de façon directive : "Donnes moi tous tes médicaments".
Je ne prenais plus d'anti-dépresseurs mais avais en ma possession des tranquillisants.
"Je ne te quitte pas, j'attends" dit-elle.
Je lui remis les comprimés.
Elle savait, tout autant que moi, que j'allais avaler les tubes ce soir là.
Elle resta près de moi sur la terrasse, en silence, fatiguée, épuisée elle aussi mais présente, là, proche, si proche, jusqu'à ce que la mort s'éloigne.
Ce fut long mais le temps ne comptait plus.
Les paroles étaient inutiles entre nous.
Elle avait saisi en une minute à peine que la grande faucheuse allait être mon refuge, simplement par un regard.
Chacun voyait en l'autre son propre désespoir, sa propre fin, son propre désir d'en "finir" d'une manière ou d'une autre, parfois rapidement car le courage nous lâche.
Comment les oublier ?
Impossible.

Suite



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C
<br /> <br /> J'en ai des frissons.<br /> <br /> <br /> Quant à Isabelle, chapeau bas ! Il n'est pas donné à tout le monde d'avoir cette sensibilité, cet éveil aux autres...<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> En groupe psychanalytique tous ceux que j'ai rencontré ont cette particularité.<br /> <br /> <br /> C'est pourquoi les rapports sont toujours plus "simples" avec des personnes qui ont fait un travail.<br /> <br /> <br /> L'éveil et la connaissance de soi entraînent une connaissance de l'autre.<br /> <br /> <br /> <br />
S
Belle solidarité !
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L
<br /> Unique et rarissime<br /> <br /> Je t'embrasse<br /> <br /> <br />
O
Il n'est pas question de "persévérance" ici Lmvie, mais je te lis par "plaisir" (si je puis dire), sans aucune contrainte, et parce que ton récit est terriblement prenant. C'est un dur, mais très beau et très IMPORTANT témoignage. Je reprendrai d'ailleurs ma lecture dans la soirée. Bisous à toi et bonne journée.
Répondre
L
<br /> Ton avis me touche beaucoup et rien que pour cela je suis heureuse d'avoir ouvert ce blog car c'était mon souhait : que ce témoignage porte ma voix le plus largement et le plus loin possible ne<br /> pouvant pas "hurler" à l'époque...qu'il puisse faire réfléchir des femmes et des hommes sur la motivation "profonde" et réelle" de la chirurgie esthétique qui est devenue "banale" de nos jours<br /> hélas et pourtant significative d'un grand mal être social.<br /> Un immense merci à toi que je prendrai aussi le temps de découvrir avec beaucoup de plaisir car enfin j'ai trouvé le c"same pour laisser un com sur ton site<br /> <br /> <br />
O
C'est "drôle" (pardonne-moi ce mot inadapté) mais tu suis bien la sagesse africaine car tu as écrit : "Comment ce départ .. me bouleversait-il ?" et non pas "Pourquoi..."
Répondre
L
<br /> Le comment ne vient pas de l'Afrique bien qu'ayant constaté que le pourquoi n'était pas usité dans certaines ethnies.<br /> Il me vient de mon travail sur moi et le comment est très efficace, responsabilisant, non accusateur, et permettant la remise en question de soi même et non des circonstance ou de l'autre.<br /> Merci de ta "persévérance" à me lire<br /> <br /> <br />
B
bravo
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