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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 21:06



              "L'espoir au contraire de ce qu'on croit,    équivaut à la résignation. Et vivre, c'est ne pas se résigner". Albert Camus

Il avait la clé, l'explication, j'étais en larmes.
Le centre anti-douleurs adhéra au verdict.
Voilà c'était si simple.
Je devais accepter "l'irrémédiable".
Je savais aussi.
Est-ce un soulagement de savoir ?
Non.
Deux mots martelaient ma tête: acceptation, résignation, acceptation, résignation.
Je ne peux pas,non je ne pouvais pas.
La loi des séries existant je perdis mon travail ayant eu la malchance de tomber sur des employeurs incorrects et irrespectueux de la législation du travail...je passe.
Par contre je reçus de nombreux témoignages de sympathie de la part des personnes que j'avais croisées sur mon chemin pendant cette période professionnelle.
Elles étaient déçues que je parte et attristées pour certaines.
Elles avaient apprécié mon écoute, mon accueil et mon côté "humain".
Malgré cette perte, j'avais chaud au coeur, je m'étais ouverte aux autres "autrement".
Résignée jamais.
Je décidais d'aller voir un médecin qui pratiquait la mésothérapie, méthode qui consistait à m'innoculer à l'aide d'une seringue, un anesthésiant sur le trajet des cicatrices en piquant dedans.
Douloureux et...
INEFFICACE...à mon secours, je devais aller à mon secours.
Mais comment ?

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.






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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 21:26


                                            "Seul un désir peut mettre l'appareil psychique en mouvement". Sigmund Freud





J'avais maintenant le désir de m'ouvrir aux autres mais vraiment.
De m'ouvrir à cette vie merveilleuse malgré mes cadenas.
J'allais entreprendre une nouvelle démarche, un nouvel espoir encore et encore et toujours.
Brève très brève.
Je pris rendez-vous avec un faciathérapeute, je ne savais même pas que cela pouvait exister.
Deux séances suffirent à me faire comprendre que j'allais encore repartir de ces consultations l'estomac à l'envers, et le coeur une fois de plus dans les talons.
Un généraliste me conseilla alors d'aller rencontrer à nouveau, un chirurgien esthétique afin d'avoir son avis.
Simple la démarche.
Je ne risquais pas grand chose si ce n'était un verdict.
Un de plus, un de moins...
La consultation dura cinq minutes, cinq petites minutes que je n'oublierai jamais.
Je lui expliquais.
Il se leva, et avec ses doigts suivit exactement le trajet de l'étau.
Je rêvais là.
Il était le premier après quatre longues années à "concrétiser" de ses phalanges ma douleur.
Il savait.
"Section des deux nerfs auriculaires et section des nerfs frontaux".
Et ajouta: "Ce n'est pas le professeur T qui vous a opérée".
"Impossible, jamais il ne vous aurait anesthésié huit heures, jamais vous n'auriez eu ces marques et déchirements et en aucun cas il n'aurait commis l'erreur de sectionner ces nerfs, c'est le BAba de la chirurgie."
"Ses élèves vous ont opérée".
"Cela ne repousse pas, le temps améliorera les choses, un réseau parallèle se formera, soyez patiente".
Je restais muette plusieurs minutes, sonnée, ko.
Puis la question:
"Combien de temps ?"
La réponse:
"Des années".
Ce furent ses derniers mots.

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 10:12
   


                     

              "De nos cris de douleurs naîtront des mots d'amour"...
                           Michel Jonasz


Mon papillon est noir aujourd'hui car cela fait onze mois que mon traitement pour la douleur a été effectué et que le jour est arrivé.
Quand il ne fait plus effet il s'arrête net, d'un coup brutalement et je replonge en enfer immédiatement.
J'ai couru chez le chirurgien, c'est un chirurgien qui le pratique par injection et ironie du sort, ce sont les chirurgiens esthétiques qui pratiquent ces traitements.
J'ai changé de practicien avant hier car l'ancien me prenait en otage et me faisait payer sans cesse plus cher.
Hélas la nouvelle car c'est une femme, m'a injecté un flacon dans les zones douloureuses et ce ne fut pas suffisant.
Je dois y retourner je n'ai pas le choix.
Si encore cela disparaissait définitivement.
Je redis tout ceci pour prévenir encore et encore les personnes désireuses de passer par le bistouri magique....
Gardez vos rides...
Gardez-vous.

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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 16:48

Cette photo a été prise deux mois AVANT l'intervention

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Celle ci un mois APRES

Réflechissez bien !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 17:24


image477.gifQu'importe la douleur d'aujourd'hui puisqu'elle est le commencememt d'autre chose" Paul Claudel


Cette jolie phrase de Paul Claudel est en partie véridique, oui la douleur est le commencement d'autre chose mais le "qu'importe" est de trop surtout quand elle dure à vie.

Nous avons tous en nous notre propre image même si nous n'y pensons pas, elle est là présente à l'esprit, nous n'avons pas besoin de nous regarder pour nous représenter.
Moi les yeux fermés je ne retrouvais plus cette image et c'est une sensation terrible,une sorte de plongée dans les ténèbres, une perte, un abîme qui surgissent corporellement et moralement.
De retour sur ce continent aux odeurs pimentées, aux couleurs chatoyantes, à la musique enivrante, les choses s'accélérèrent.
Mes jambes ne me portaient plus et une immense tristesse m'envahissait et m'enveloppait tout autant que la chaleur étouffante qui est encore plus difficile à supporter du fait de ce faciès cicatriciel et de cette sensation d'étouffement et de strangulation permanente.

Le hasard n'existant pas, et je suis de l'avis de Jérôme Touzalin qui dit : " Il n'y a pas de hasards il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire",

je fis la connaissance de la mère d'une amie de ma fille : Marie Lyne
Petite femme brune, menue, minuscule d'une solidité, d'une volonté et d'une détermination exceptionnelles.
Elle allait faire partie de ma vie, de mon histoire.
Elle me conseilla immédiatement une psychothérapie.
Je ne comprenais pas ou ne voulais pas comprendre.
Comment pouvais-je en avoir besoin ?
Je n'étais pas folle. 
 signature5-copie-7.gif

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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 07:58

image52.gif Mon visage avait "presque" entièrement désenflé, mais ce n'était plus le même.
Savez-vous ce que c'est que de changer de visage ? 
Je ne le souhaite à personne.
Les paupières inférieures avaient été découpées mais trop découpées, laissant un espace entre l'iris et le blanc de l'oeil. Outre l'inconvénient esthétique agrandissant un oeil vers le bas, ce qui est loin d'être le but il y en avait un autre.
La luminosité m'aveuglait et je dus porter des lunettes de soleil dans la journée quelque soit le temps, je n'ai pu les quitter l'hiver quand il n'y avait pas de soleil qu'au bout de dix neuf ans.
De plus ils avaient été également trop étirés.
Bref ce n'était plus mon regard, je me regardais sans me voir ni me reconnaître.
Vous le savez le regard est d'une importance capitale dans un visage, il peut pleurer, rire, attendrir,"capter" l'autre, moi je ne captais plus personne ni plus rien d'ailleurs.
Les côtés du visage avaient enfin cicatrisés tant bien que mal, laissant une marque semblable à une brûlure indélébile.
Du côté droit la marque du scalpel passait devant l'oreille jusqu'à la tempe...
Rien ne me parlait dans ce visage inconnu, je m'étais perdue et ne me retrouvais pas.
Les rides donnent toute sa vie au visage, toute son expression, tout son sens, chacune d'elles va raconter l'histoire de la personne en y laissant une trace si fine et si belle.
Moi je n'avais plus d'expressions, je n'avais plus d'étincelles dans les yeux, je m'étais étrangère, devenue un masque de carnaval.
Ou plutôt un masque de fer.
masque_dan_vi.jpg


 J'ai choisi ce masque DAN pour représenter ce que j'éprouvais, car il est issu du pays où je résidais et proche de mon ressenti




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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 17:02
image62.gif Il me laissait ainsi révoltée, désemparée, apeurée.
Les vacances se passèrent mal. Et pour cause j'avais l'impression de perdre la tête, si je puis dire, étant donné qu'elle était plus que présente, il n'y avait plus qu'elle, obssessionnelle.
Mon corps n'existait plus, mon visage avait pris sa place, je n'étais plus entière, je n'étais plus qu'un visage.
Sorte de pantin de bois abominable qui n'avait pas la chance d'avoir auprès de lui un Gepetto pour l'animer ni une bonne fée pour lui redonner vie.
Tous les visages que je croisais m'agressaient par leur harmonie, leur souplesse, leur vie.
Ils formaient un tout, chaque expression était à sa place, chaque ride avait sa signification, son histoire.
Moi je n'étais qu'une espèce de puzzle, de canevas mal cousu.
La dépression s'emparait de moi chaque jour davantage, m'enveloppait lentement et m'affaiblissait, j'étais rongée par ce mal que j'ignorais encore...oh combien !!! un mal aussi mal connu et incompris par mon entourage également.
Notre vie avec mon mari avait été heureuse, auprès de nos filles que nous aimions profondément.
Une vie au soleil, sous les tropiques, une vie privilégiée pour beaucoup.
Nous formions un couple envié.
J'étais l'image de la femme accomplie, travaillant comme un homme, réussissant ce que j'entreprenais, acceptant défis et responsabilités en vrac.
J'étais sollicitée, admirée, désirée.
Il fallait que cela dure. J'ignorais cependant que tout ceci fait de vous la candidate parfaite à la dépression.
Au seuil de la quarantaine ma vie basculait, et me retrouvais rejetée, incomprise, seule.

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                                                                                                                                                          undefined


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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 14:42

  Fétiche Baoulé

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J'interrogeais mes filles qui ne voulaient pas me faire souffrir davantage (les seules) en me répondant : "Tu es jolie maman, les cicatrices ne se voient pas".
Elles se voyaient.
Je les remercie de leur adorable mensonge car je puis dire que si je suis en vie c'est un peu grâce à elles.
La cicatrice du crâne ne se referma pas. Ni celle que j'avais en moi d'ailleurs qui sera d'ailleurs beaucoup plus longue à refermer.
Le climat était trop humide et l'ouverture trop large, elle atteignait plus de deux centimètres de large et suintait sans cesse.
Je restais ainsi jusqu'aux vacances d'été, c'est à dire cinq mois sans qu'aucune cicatrice ne daigne guérir.
Nous rentrâmes en France où le chirurgien annonça qu'il fallait réopérer afin de ne pas garder un espace où les cheveux ne repousseraient plus jamais...
J'étais liquéfiée, je n'en aurai pas la force.
J'en eus la force, je ne sais pas où je l'ai puisée et me réveillai une fois de plus le visage bardé de bandes.La couture était faite cette fois à l'aide de grosses agrafes, bien rangées les unes à côté des autres, une vraie fermeture éclair allant d'une oreille à l'autre.
Mais si l'espace avait été comblé, la tension elle était bien plus forte augmentant cet étau intolérable.
Mes illusions sur la chirurgie plastique s'évanouissaient car le travail effectué ne ressemblait en rien à la première intervention, me laissant penser, et j'en suis persuadée aujourd'hui, que ce grand ponte avait laissé opérer ses élèves à sa place...c'est d'ailleurs pourquoi je fus endormie la première fois sans le voir.
Je lui écrivis à plusieurs reprises, les douleurs physiques ne satténuaient absolument pas, sans jamais avoir de réponse.
Intouchable vous ai-je dit, je le confirme, et salaud de surcroît.


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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 14:55
undefined"Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur, le souvenir de la douleur est de la douleur encore"
George Gordon

Les muscles du cou m'étranglaient et m'étouffaient.
Je travaillais à l'époque soixante quinze heures par semaine et devais courir à longueur de journée dans une salle de six mille mètres carrés aux milieu des regards interrogateurs et souvent narquois des clients.
Je ne trouvais de réconfort, auprès de personne.
La chirurgie esthétique est considérée comme un luxe, un choix délibéré, et même si l'issue est douloureuse parce que ratée, elle n'inspire aucune compassion.
Dès l'instant ou votre démarche s'adresse au superflu, à l'inutile, quelques soient les conséquences vous ne recueillerez aucun sympathie, aucune compréhension.
Un résultat "raté" n'est pas pris en compte, car vous avez délibérément choisi cette opération. Elle n'était ni urgente ni vitale....
Non jamais vous n'avez choisi de souffrir ou d'être balafrée, ou défigurée ni marquée au fer rouge dans votre chair et votre coeur !!!!
Par contre vous auriez les mêmes séquelles provoquées par un accident ou une maladie, chacun compatirait, irait de sa petite phrase rassurante et vous aiderait éventuellement.
Là vous êtes devant un mur de désintéressement total accentuant votre douleur.
Le raisonnement d'autrui est simple pour ne pas dire simpliste : Vous avez payé, donc vous avez les moyens, donc vous n'êtes pas à plaindre"
Et vous entendez couramment: "Elle a de beaux seins ! oui mais elle les a fait refaire....et alors s'ils sont beaux, ils sont beaux !!!
"Elle semble jeune ! oui mais elle s'est fait tirer la peau ! et alors ????????????
Le principe est le même pour l'homosexualité, "il est beau ce type" ! oui mais il est homosexuel et encore ce serait plutôt PD...je le sais j'ai des amis homosexuels.
Le "mais" prend toute l'ampleur de la marginalité, du rejet dans lesquels vous vous retrouvez.
Et ce petit mot devient un véritable coup de couteau que tout un chacun enfonce dans la plaie de celui dont la souffrance est déjà suffisament intense.
Tolérance où es-tu ? 

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                                                                                                         undefined
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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 14:27

image475.gif"Toute douleur qui n'aide personne est absurde" André Malraux

C'est pour cette raison et uniquement pour cette raison que je vous confie ce récit que je poursuis ce jour.

A la douane, dans la file d'attente, devant moi se trouvait une personne de ma connaissance.
Elle se retourna, me regarda d'un air indifférent.
J'allais la saluer quand je compris à cet instant précis qu'elle ne me reconnaissait pas.
Un frisson terrible me parcourut, me glaçant malgré la touffeur de l'aéroport.

Etais-je transparente ?
Avais-je disparu ?
Derrière les barrières mon mari et mes deux filles m'attendaient curieux du résultat.
Je compris immédiatement à leurs regards à tous trois que le visage que je leur présentais n'était plus celui de leur maman ni celui aimé par l'homme qui partageait ma vie.
Ils n'osaient parler, accentuant en moi un profond désarroi.
C'était le silence absolu.
Je repris le travail avec une anxiété non dissimulée.
J'avais un métier public : je dirigeais à l'époque un centre de remise en forme.
Il fallait affronter les clients friands de ragots et potins comme dans tout club qui se respecte.
Je fus confrontée à la méchanceté pure.
Certains prétendirent que pour être enflée ainsi je devais avaler sans aucun doute des corticoïdes afin de soigner un sida...!!!
Je me retrouvais seule, au milieu des rapaces qui prenaient en patûre ma propre chair.
Je souffrais de plus en plus et physiquement et moralement. Les deux réunis doivent ressembler à l'enfer s'il existe...
L'étau qui m'enserrait la tête était intolérable, bloquant ma respiration, empêchant le sang de circuler normalement.
Je garderai TOUJOURS ces sensations qui feront qu'aujourd'hui encore je dois presque réfléchir pour respirer.


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Tout ceci est véridique et ce qui suivra également, je rentre dans le détail me direz-vous mais je me répète c'est dans le but de prévenir ceux ou celles que la chirurgie esthétique tente : "Le risque zéro n'existe pas"
Ceci étant redit je sais que beaucoup d'interventions sont parfaitement réussies et que beaucoup de personnes ont pu "revivre" grâce à cette chirurgie, se débarrasser de complexes trop lourds à porter et se sentir "mieux".
Moi je parle des "ratés", des "oubliés" dont on parle si peu...


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  • Motspourmaux
  • : L'histoire d'un parcours de vie changé par des douleurs morales et physiques dues à la chirurgie esthétique. Alors depuis : "La vie ne se compte pas en respirations mais en moments qui t'ont coupé le souffle"
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Savourer un livre, déguster un met, un vin, un moment avec un (e) ami (e). 
Vous autres m'intéressez particulièrement sans oublier Paris, les voyages et la psychanalyse
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Ceci est une histoire

 

 


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