Vendredi 7 mars 2008

undefined     Chamfort a dit : "Mon dieu préservez-moi des douleurs physiques je m'arrangerai avec les douleurs morales"


Moi qui avais les deux je vous assure que je ne "m'arrangeais" pas bien du tout ni avec les unes ni avec les autres...
Aujourd'hui j'ai mis un papillon noir puisque c'est la seule couleur qui peut représenter le fond. Il n'y en a pas d'autres.
Du moins pour moi.
On peut avaliser l'expression populaire : "Avoir des idées noires"...c'est bien la bonne couleur !!!
Ceux qui y sont allés au fond  savent ce que c'est, les autres ne peuvent même pas l'imaginer.
Toutes ces expressions sont faibles pour décrire ce mal de vivre déclenchant migraines, nausées, hallucinations et toutes autres douleurs psychosomatiques accompagnées de sentiments de terreur, d'effroi, de honte, de culpabilité, je vous épargne une longue liste.
Pour moi ce fut un gouffre sombre et glacial, un trou où les parois lisses me  faisaient glisser loin, très loin, si loin... mais ce n'était pas pour atterrir sans secousses au pays merveilleux d'Alice.
Non ce fut au coeur de mes entrailles, dans le puits de mon enfance, dans les abysses "d'autrefois", dans les ténèbres de labyrinthes où grouillent horreur et effroi que je tomberai, complètement choquée.
Une force incontrôlable me tirait vers cet enfer mais contrairement à sa représentation habituelle le mien était glacé.
Comment l'arrêter ?
Une seule solution, longue, l'affronter. 
C'est le noir absolu et pourtant c'est ici à tâtons, à quatre pattes au sens propre et figuré que la lumière se fera.
Je précise que ce fut mon ressenti à moi et ce qui va suivre aussi, et mes propres symptômes de dépression.
C'est en tremblant et glacée de peur, vacillant sans cesse, au bord du précipice souvent, que je vais commencer, je dis bien commencer à découvrir qui j'étais.

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par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Psychanalyse
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Dimanche 9 mars 2008

166.gif  "Même sans espoir la lutte est encore un espoir" Joseph Cronin





Je ne pensais même pas que les hallucinations pouvaient exister dans cet état.
Je me souviens avoir passé un après-midi dans ma chambre, terrée, me tordant de douleur sur mon lit, en voyant l'image de ma mère éclater comme une baudruche répandant sang et chair sur les murs.
Je me revois par terre tel un ver, nu, sans squelette, sans carapace, sans consistance, rampant pour trouver une issue, écumant et vomissant.
Je me relevais tant bien que mal pour me voir dans la glace avec un ventre gonflé comme si j'étais enceinte de neuf mois.
Je venais de faire la connaissance avec les troubles psychosomatiques.
Domaine où j'allais exceller pendant plusieurs années et sans doute encore. 
La seule différence c'est qu'aujourd'hui je peux décrypter le langage de mon corps.
J'étais à l'état larvaire et je glissai visqueuse le long des parois de ce fichu gouffre.
L'image de la mort apparut alors.
Elle m'appelait, tirant mon corps vers elle, l'écartelant et déchirant mon âme.
J'eus envie de nombreuses fois de venir me blottir dans ses bras.
Mais mon instinct de conservation fut plus fort et j'en décidais autrement.
En sueur dans ma chambre, grelotante, je la regardai s'approcher et finalement je la repoussai.
J'avais choisi la vie sans le savoir malgé les efforts surhumains que celle-ci me demandait.
Je m'en souviens, j'ai lutté des heures et des heures contre elle.
La maladie, car c'est une maladie (enfin reconnue, à l'époque très peu) avalait ma vie, notre vie.
La souffrance dévastait mon existence, notre existence.
Je me décomposais en moi-même.
Mais je ne sais par quel afflux inespéré d'énergie j'eus la force de continuer avec ce corps supplicié.


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par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Psychanalyse
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Lundi 10 mars 2008
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"Je préfère le désespoir à l'incertitude" Jean Paul Sartre


Moi aussi, enfin je n'en suis pas très sûre, d'ailleurs je ne suis sûre de rien, mes seules certitudes dans ce monde et je n'en ai pas d'autres c'est que nous mourrons tous et que j'ai mises au monde deux filles.
C'est pourquoi je suis toujours étonnée voire stupéfaite d'entendre des personnes "être certaines de"...admirable !!!

Bref je reviens à mes moutons ou plus exactement à mes "sensations".
J'eus l'impression dans ces moments d'épouvante que je crevais sur place transpercée de mille lances.
Un soir j'ai eu cette impression en me rendant chez Jo.
Je m'asseyais en arrivant incapable même de m'allonger et lui expliquai que des couteaux me lacéraient littéralement, je les sentais sur mon corps.
Elle m'écoutait, elle était présente.
Même si ce n'est plus mon amie, je la remercie aujourd'hui pour cette écoute.
Pas un instant elle n'a semblé étonnée, ni sarcastique.
Pas un instant elle n'a douté de mes dires.
Ce fut très précieux pour moi.
Pourquoi ?
Tout simplement je craignais d'avoir basculé dans la folie, mais non je n'étais pas folle, je sentais bien ces brûlures et ces coupures sur mes jambes, j'étais en lambeaux.
Mais je vous avouerai qu'effectivement j'étais dans l'incertitude la plus totale.
Terrible sentiment.
J'avais largement entamé le processus d'autodestruction.
Ma reconstitution passait par mon anéantissement.
Maintenant je crois qu'il n'y a pas "d'évolution" sans "révolution".


par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Psychanalyse
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Mardi 11 mars 2008

0ozklxva.gif  "Le plaisir est toujours un bien, et la douleur toujours un mal, mais il n'est pas toujours avantageux de jouir de plaisir et il est quelquefois avantageux de souffrir la douleur."
Nicolas de Malbranche


Mise en pièces, à plat par terre, je pourrai cette fois "choisir" les éléments qui conviendraient à ma nouvelle personne, enfin quand je dis nouvelle je devrais dire à ma "vraie" personne, celle qui est enfouie sous un monceau d'éducation parentale, sociale, religieuse etc etc ...
Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
Mais jour après jour cependant, année après année c'est moi et moi seule qui remettrai en place les pièces éparpillées de ma personne et qui les harmoniserai.
Mais avant d'effectuer cet assemblage je devais déjà reconnaître les pièces (pas simple), les décaper (épuisant et salissant), éventuellement, les jeter si trop abîmées (regrettable, triste), les replacer au bon endroit (recherche et prise de tête) ou alors en trouver de nouvelles (oui mais où ?), et normalement la mécanique humaine se remettrait en marche.
Le chantier était en cours, un vrai garage de pièces détachées et de vieilles carcasses. J'avais fait un tour par la casse et maintenant j'allais passer par la refonte et me couler dans la peau d'une nouvelle Lmvie de ma convenance, dans une peau où je serai à l'aise, que j'apprécierai et qui serait, du moins je l'espérai, douce.
Mais la création sera longue, douloureuse.
 Plus j'allais voir Adam et plus j'étais malade suite à l'arrêt des anti- dépresseurs car tout remontait en vrac n'importe quand et n'importe comment.
Je me retrouvais parfois en "état d'urgence".
Un état bien particulier que je rencontrerai plusieurs fois au cours de cette maladie, quand la mort vous attire de nouveau et que vous vous laissez glisser doucement mais sûrement vers elle.
Bien qu'épuisée dans ces instants je trouvais toujours le réflexe de prendre le téléphone pour appeler au secours mon psy préféré;
et me traîner jusqu'à ma voiture prendre la rocade qui surplombait la lagune, dont la vue est une vraie carte postale, mais je puis vous dire qu'à ce moment précis mes talents de photographe amateur était loin bien loin, car je laissais aller le véhicule au ras de la falaise pour dévier sa trajectoire au dernier moment.
Pas besoin de passer la marche arrière, nous avons une en nous, que nous passons inconsciemment nous empêchant d'effectuer ainsi le geste fatal.


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par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Psychanalyse
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Mercredi 12 mars 2008
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Le goëland qui vole le plus haut voit le plus loin". Richard Bach







Marie Line m'avait offert la cassette de Jonathan Livingston le goëland.
Cette musique sublime était ma bouée de sauvetage.
Les paroles me portaient, me tenaient en vie.
Tout dans la symbolique et quelle symbolique, je propose aux personnes qui ne se sentent pas très bien de courir acheter cette mélodie et le film également qui enrichissent énormément ou du moins les apaiseront.
Cette musique était ma bouée de sauvetage, à chaque trajet où je faisais des écarts avec ma voiture vers l'abîme la cassette était enclenchée.
Je l'ai écoutée des années.
Sans elle, je crois que je serais au fond de la lagune dans la carcasse rouillée de ma voiture au milieu des crocodiles.
J'arrivais chez Adam, qui me recevait toujours avec ce léger sourire tendre qu'il me réservait, tout du moins le pensai-je, peu importe, son accueil déjà réchauffait mon coeur.
A nouveau les mots sortaient de ma bouche, toujours sans logique, sans réflexion, tels qu'ils venaient au bord de mes lèvres.
Sans même m'en apercevoir j'avais entamé ma recherche du passé.
Puisque c'était du passé que je commençais à parler.
Je n'avais pas choisi le moment, mon monologue était apparu surgissant de nul part.
Et je me retrouvais en thérapie de groupe, comme les autres, explorant, fouillant, creusant, scrutant la maison de mon enfance et les personnages qui la peuplaient.
Ma mère, mon père, ma soeur et mon frère débarquaient directement de ma mémoire et de mes souvenirs et surgissaient de ma souffrance.
Mais qu'avaient-il à voir avec un lifting?


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par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Psychanalyse
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Samedi 15 mars 2008
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"La vie qui crée le désespoir est plus forte que le désespoir". Blaise Pascal"


.

Voilà, la meule de foin était entassée à moi d'y trouver l'aiguille.
Certains du groupe admiraient mon courage d'avoir abandonné les anti- dépresseurs. Ils auraient aimé faire de même.
Courageuse non, pressée et prête oui.
Je garderai jusqu'à la fin de mes jours l'image qui, pour moi, symbolise l'arrêt de ces médicaments.
Avec eux j'apercevais au loin un ravin suffisamment éloigné pour ne rien risquer.
C'est une forme de confort, de cocon, de refuge temporaire, d'apaisement mais ils sont aussi un voile.
Sans eux j'étais au ras de la falaise en permanence et je regardais en bas.
Soit je me jetais dans le vide, et cela porte le nom de suicide, soit je me penchais pour voir ce qu'il y avait en bas, sans vertige, sans peur.
J'avais choisi la deuxième possibilité.
Autant vivre avec un revolver sur la tempe.
La somatisation atteignait son paroxysme.
Je me retrouvais avec le bras gauche complètement paralysé.
Je devins muette également une journée entière faisant des efforts surhumains pour prononcer un mot en déformant ma bouche autant que je le pouvais.
Puis ce fut une jambe qui disparut, envolée, plus de sensation plus rien !
Je m'amputais de toutes les parties possibles de mon corps.
Un jour je saurai pourquoi.
Les hallucinations revenaient au galop.
Dans mon lit j'ai revu le petit chien que j'avais étant petite fille, sauf qu'il lui manquait le train arrière, même lui je l'amputais.
Je pouvais le toucher.
Je passais des nuits à chercher mes membres.
Jamais je n'oublierai cette sensation d'absence "corporelle", de disparition, de non consistance.
Ou d'absence tout court ?



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par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Psychanalyse
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Dimanche 16 mars 2008



51.gif     "Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit". Khalil Gibran



Comme je vous l'ai déjà dit j'avais un langage incohérent, mais ce qui était le plus frappant c'était le nombre de lapsus qui sortaient de ma bouche.
Cela déclenchait le fou rire de mes filles.
Je commençais une phrase et un mot surgissait de ma gorge venant s'immiscer au beau milieu de cette dernière la rendant incompréhensible ou comique.
C'était irrésistible.
La seule chose qui pouvait me faire sourire, à l'époque, était la mine moqueuse et rieuse de mes deux filles qui ne rataient pas de les souligner à chaque fois.
Si à ce stade de mon travail en psychothérapie je n'attachais aucune importance à ces lapsus à répétition, je puis vous certifier qu'en psychanalsye ce sera bien différent car le travail sur ces derniers est capital, mais j'étais bien ignorante de tous ces mécanismes à lépoque.
Mais je vais quand même apporter une précision pour les personnes qui risqueraient d'être intéressées.
La psychanalyse s'attache à l'inconscient.
Jusque là tout va bien.
Mais comment le déchiffrer, le reconnaître, l'étudier, le décrypter ?
Comment se manifeste-til à nous ?
Car il nous parle mais nous sommes bien trop occupés pour l'écouter.
Par la somatisation, par les lapsus languae et auditifs et bien sûr les rêves.
Je n'irai pas plus loin ce jour.
Dans tout ce désaccord corporel et linguistique, seul mon visage était épargné pour la simple et bonne raison qu'il n'était plus vivant mais un roc.
La seule partie douloureuse ne disparaissait pas.
Je la haïssais de toutes mes forces, le peu qu'il me restait.
Chacun du groupe essayait de survivre.
Mais celui qui fut pour moi le plus marquant, le plus touchant et le plus interférant s'appelait Didier.

 

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par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Psychanalyse
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Lundi 17 mars 2008

491.gif   "Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l'entraide et la solidarité visant à un but commun: l'épanouissement de chacun dans le respect des différences". Françoise Dolto


Je dédie cette phrase à la communauté qui vient de m'accepter, seule une grand dame comme Mme Dolto pouvait énoncé ce que je pouvais ressentir.

Je souhaite leur transmettre le message suivant en leur disant que je les remercie de m'accueillir parmi eux et que d'autre part je suis ravie de pouvoir à mon tour aider ceux qui en auront besoin, car l'histoire que je narre s'est déroulée il ya vingt ans je le répète, et le long chemin effectué depuis me permet d'adhérer à la citation de Sacha Guitry :
 
"Le peu que je sais c'est à mon ignorance que je le dois" .


Si mon expérience psychanalytique peut leur "ouvrir" quelques horizons je les éclairerai du mieux que je peux.
Merci encore


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par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Passeurs d'espoirs
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Mardi 18 mars 2008
    "Il vaut mieux suivre le bon chemin en boîtant que le mauvais d'un pas ferme". Saint Augustin



Didier: âgé de dix sept ans à l'époque était beau comme un dieu.
Brun, la chevelure épaisse, le regard noir, il m'attirait.
Nous étions malgré les années qui nous séparaient semblables l'un à l'autre et assez proches l'un de l'autre.
Il joua un rôle capital dans ma thérapie.
Je l'ai aimé très fort, d'un amour fou, passionnel.
Que ou qui représentait-il pour moi ?
Car de toute évidence un transfert, mot que je ne connaissais guère à mes débuts de travail, qui par contre sera d'une clarté et deviendra indispensable en psychanalyse, s'effectuait.
Au terme de ma thérapie je le sus, et j'y reviendrai.
Le temps passait et ne m'intéressais que les jours où j'avais un rendez-vous avec Adam.
Les autres étaient vides de tout intérêt, de toute substance, vides de vie.
Pourquoi ?
Tout simplement parce qu'au fur et à mesure, je ressortais de chez lui un peu plus solide, un peu plus "entière", un peu plus harmonieuse. 
Mais je m'éloignais terriblement de mon mari.
Je ne pouvais pas tout mener de front.
Les urgences d'abord.
Il ne comprenait pas ce que je devenais.
Je me disais que si notre amour était suffisamment solide, nous nous retrouverions un jour.
Je fais une parenthèse à ce sujet d'ailleurs car j'ai vu un film que j'ai apprécié pour ces dialogues dont l'un était le suivant :

"On peut s'aimer toujours mais pas tout le temps" 
(
je suis entièrement en accord , d'autant plus que j'ai trente six années de mariage au jour d'aujourd'hui)

Je me transformais et apparaissait une autre personne dont j'étais, moi, ravie de faire la connaissance tous les matins en me levant.
Un grand changement allait s'effectuer, le jour où je fis la connaissance de Marie P..., psychiatre à Paris de passage sur nos terres rouges lointaines.
Elle y venait pour un week-end de Gestalt.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce terme, pas plus que je ne le connaissais quand elle arriva, il signifie "émerger".
Un mot qui me plaisait car depuis un temps qui me semblait une éternité, j'avais plutôt l'impression d'être submergée.
Marie Line, toujours elle et je ne la remercierai jamais assez, m'avait vivement encouragée à participer à ce week-end.
Ce fut le premier de plusieurs.
Ce fut pour moi une révélation.
Marie était d'une compétence hors du commun, il émanait d'elle une puissance phénoménale nous laissant béats d'admiration, nous dont les corps et les esprits ressemblaient à de la guimauve.
La Gestalt se déroulera sur deux jours.


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par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Passeurs d'espoirs
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Mercredi 9 avril 2008
     







   "Le désespoir c'est le suicide du coeur". Jean Paul Richter



Avec le recul et les années passées, j'en souris aujourd'hui car vraiment je me dis que désespérée, j'aurais fait n'importe quoi, j'aurais tout tenté tant la douleur était insoutenable.
De toute manière dans mon état ou je me suicidais ou j'essayais tout et n'importe quoi.
Bref, l'Afrique et ses mystères, ses rites avaient peut-être ma solution.
Nous prîmes Jo et moi rendez-vous avec le sorcier du village.
Je payais le prix d'un mouton qui allait être sacrifié en mon nom et servirait de festin à tous les villageois.
Le jour de la cérémonie arriva.
Qu'on y croit ou pas une certaine anxiété se manifestait que ce soit de ma part ou celle de Jo.
Elle avait préféré se tenir à l'écart pour se "protéger" m'avait-elle dit.
Comprenne qui pourra.
A chacun ses croyances.
Une chèvre fut placée dans un cercle dessiné à la craie et moi aussi, assise sur une chaise.
Une vieille femme, le visage parcheminé, m'aspergea d'une eau de couleur douteuse, tourna autour de moi en proférant des paroles dans son dialecte.
J'avais espoir et peur à la fois.
Le sorcier arriva.
Je m'attendais à ça








Je l'avais imaginé portant un masque, le corps recouvert de kaolin, terrifiant.
Et bien pas du tout, rien de tout cela.
Habillé à l'européenne, avec un costume tout ce qu'il y avait de plus ordinaire, de grande stature, et d'après ce que je pus comprendre à l'aide de ses mains transmis mes douleurs à la chèvre.
J'avais les yeux rivés sur elle.
Comment ma souffrance allait-elle passer en elle ?
A cette seconde précise je le crus.
Mais vous vous en doutez, rien ne se passa et j'ai bien envie de rire en écrivant ces lignes tant je fus ridicule.
Mais le ridicule ne tue pas, le désespoir oui.
Donc le transfert de mon visage à la chèvre ne se fit pas.
Le pauvre animal eut la chance de rester animal, le village allait faire la fête et moi je repartais avec un visage poisseux, ne sachant que penser de la sorcellerie, mais en partie satisfaite d'avoir nourri un village entier.




par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Passeurs d'espoirs
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