Je vous avouerai que j'ai mis des mois avant de rejoindre le clan des blogueurs, c'est une amie très chère qui m'a quasiment harcelée pour que je vienne vous conter et
partager avec vous ce que la vie a pu elle même m'enseigner et j'hésitais parce que tout simplement je pensais que ce que j'avais à dire n'intéresserait personne, vous seuls pourrez me le
dire.
Mon visage a une histoire qui, je crois, peut en vous la narrant, aider ou du moins apporter à celles ou à ceux qui se posent encore des questions sur la chirurgie esthétique, quelques
réponses.
C'est une longue histoire que je ne peux pas vous dévoiler en un jour mais que j'espère vous suivrez avec intérêt chaque fois que je pourrai vous en révéler une
page.
Par 
Il y a exactement 20 ans presque jour pour jour, je pris la folle décision de faire un lifting, je dis bien folle car malheureusement aujourd'hui encore j'en garde les traces
Décision irréfléchie, prise à la hâte, et surtout à mon insu...et oui je dis bien à mon insu, car je sus des mois plus tard seulement que j'étais en dépression sans même le savoir moi même
et que mon inconscient me dictait cet acte que je pourrai d'ailleurs m'expliquer après de nombreuses années de travail sur moi.
Je résidais en Afrique
à l'époque et
j'allais consulter une femme chirurgien esthétique qui me recommanda le "professeur T" de renommée mondiale avec lequel il ne pouvait y avoir qu'un résultat merveilleux.
Je précise que j'avais donc à l'époque 39 ans et que de ce fait je n'avais nullement besoin de me faire refaire quoi que ce soit mais ce qui se passait dans ma tête à ce moment là m'était bien
trop étranger pour pouvoir être clairvoyante.
Je pris l'avion pour Paris et consulter le "dieu du bistouri".
La consultation fut plus que rapide, il m'ausculta en "maître" , pas de psychanalyste à l'époque, pas de question sur mes raisons profondes ni mon état bref la date de l'opération fut fixée
rapidement...
Le scialytique disparut...
Je vous avouerai que j'hésite quelque peu à publier les photos prises après l'intervention, car je ne voudrai pas trop effrayer ceux et celles qui veulent s'en
remettre au bistouri magique.
Je tenais à spécifier aussi que beaucoup pense qu'on subit une chirugie plastique et que par miracle on n'a pas mal, on rentre chez soi sans oedèmes, sans hématomes, toute belle ou beau du jour
au lendemain...non, non et non !!!
C'est un acte chirurgical.
Avant de poursuivre mon récit je vous adresse cette phrase :
"La vie ne se compte pas en respirations mais en moments qui t'ont coupé le souffle"
J'aime cette citation dont je n'ai pas l'auteur hélàs, sauf dans ce qui va suivre car effectivement j'en eu le souffle
coupé.
Les ciseaux découpaient les bandes sans délicatesse particulière.
Bien qu'affaiblie par une anesthésie de huit heures, je fis quelques pas vers cet objet si banal et si quotidien : le miroir.
Pour la première fois de ma vie, au lieu de me renvoyer l'image de la jolie femme, qui paraît-il, j'étais à l'époque, il allait me transpercer le coeur, le corps et l'âme en me renvoyant celle
d'un "batracien".
Un visage de couleur verte était en face de moi .
Un visage tuméfié, lacéré par d'énormes fils partant de derrière la tête, passant devant les oreilles et remontant jusqu'aux tempes, avec deux yeux rouges démesurés, gonflés et désespérés.
Je rêvais, ou plutôt je cauchemardais, ce n'était pas moi cette espèce d'ET qui ne me faisait pas rire du tout et ne m'inspirait aucune tendresse.
L'infirmière toujours aussi peu délicate me lava les cheveux en pestant contre l'équipe de chirurgie qui s'était amusée à me faire de petites tresses africaines dans mes longs cheveux.
Cela avait dû les distraire le temps de mon sommeil et cette idée m'exacerba.
Pendant qu'elle s'acharnait sur leur "distraction", moi, la tête en arrière, je ne comprenais toujours pas comment mon visage avait pu changer de matière.
Il n'était plus fait de chair et de muscles souples.
Ce n'était plus qu'une masse lourde et compacte, énorme étau d'acier refermant ses griffes sur ma peau, enserrant mes vaisseaux dans une compression infernale.
J'étais broyée.

Jolie couture n'est-ce pas ?
Quand on vous parle des coutures de lifting on vous dira TOUJOURS qu'elles sont invisibles !!!
Ce titre
est au sens propre et au sens figuré bien évidemment hélàs...
Je repartis donc la joue entrouverte, le coeur aussi, ne voulant plus penser.
Je n'étais plus qu'un amas de chair sanguinolent.
Tout saignait en moi .
"Non je n'ai pas fait cela, c'est impossible, je ne me suis pas défigurée pour le restant de mes jours "!!!
Trois semaines passèrent ainsi dans cette angoisse, cette rage, cette haine, interrompues parfois par les paroles apaisantes de ma mère, qui me gavait de mes gâteaux préférés et que
j'engloutissais essayant de combler le vide qui augmentait en moi et qui allait s'installer pour de nombreuses années.
J'arriverai avec un travail sur moi incessant à faire disparaître la rage et la haine, mais difficilement l'angoisse qui est une autre histoire...
La douleur physique s'ajoutait à ma tourmente.
La tourmente également j'arriverai à la vaincre la douleur physique jamais.
Il était temps pour moi de retourner en Afrique et de reprendre mon travail, un mois s'était écoulé...
Mon visage n'avait plus d'hématomes, une croûte répugnante se formait à la place de la déchirure, mais j'étais toujours enflée, soufflée comme une baudruche.
Les fils avaient été retirés laissant apparaître des "griffes" rouges devant les oreilles, dans le cou, et un crâne à peine réuni, encore ouvert et séparé par une espèce de rigole qui
supurait.
Je repartis ainsi, un bandeau dans les cheveux et sur les oreilles pour dissimuler toutes ces déchirures, bien petites finalement à côté de celles qui venaient de s'ouvrir en moi.

"Toute douleur qui n'aide personne est absurde" André
Malraux
C'est pour cette raison et uniquement pour cette raison que je vous confie ce récit que je poursuis ce jour.
A la douane, dans la file d'attente, devant moi se trouvait une personne de ma connaissance.
Elle se retourna, me regarda d'un air indifférent.
J'allais la saluer quand je compris à cet instant précis qu'elle ne me reconnaissait pas.
Un frisson terrible me parcourut, me glaçant malgré la touffeur de l'aéroport.
Etais-je transparente ?
Avais-je disparu ?
Derrière les barrières mon mari et mes deux filles m'attendaient curieux du résultat.
Je compris immédiatement à leurs regards à tous trois que le visage que je leur présentais n'était plus celui de leur maman ni celui aimé par l'homme qui partageait ma vie.
Ils n'osaient parler, accentuant en moi un profond désarroi.
C'était le silence absolu.
Je repris le travail avec une anxiété non dissimulée.
J'avais un métier public : je dirigeais à l'époque un centre de remise en forme.
Il fallait affronter les clients friands de ragots et potins comme dans tout club qui se respecte.
Je fus confrontée à la méchanceté pure.
Certains prétendirent que pour être enflée ainsi je devais avaler sans aucun doute des corticoïdes afin de soigner un sida...!!!
Je me retrouvais seule, au milieu des rapaces qui prenaient en patûre ma propre chair.
Je souffrais de plus en plus et physiquement et moralement. Les deux réunis doivent ressembler à l'enfer s'il existe...
L'étau qui m'enserrait la tête était intolérable, bloquant ma respiration, empêchant le sang de circuler normalement.
Je garderai TOUJOURS ces sensations qui feront qu'aujourd'hui encore je dois presque réfléchir pour respirer.

Tout ceci est véridique et ce qui suivra également, je rentre dans le détail me direz-vous mais je me répète c'est dans le but de
prévenir ceux ou celles que la chirurgie esthétique tente : "Le risque zéro n'existe pas"
Ceci étant redit je sais que beaucoup d'interventions sont parfaitement réussies et que beaucoup de personnes ont pu "revivre" grâce à cette chirurgie, se débarrasser de complexes trop lourds à
porter et se sentir "mieux".
Moi je parle des "ratés", des "oubliés" dont on parle si peu...
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