Avant de poursuivre mon récit je vous adresse cette phrase :
"La vie ne se compte pas en respirations mais en moments qui t'ont coupé le souffle"
J'aime cette citation dont je n'ai pas l'auteur hélàs, sauf dans ce qui va suivre car effectivement j'en eu le souffle
coupé.
Les ciseaux découpaient les bandes sans délicatesse particulière.
Bien qu'affaiblie par une anesthésie de huit heures, je fis quelques pas vers cet objet si banal et si quotidien : le miroir.
Pour la première fois de ma vie, au lieu de me renvoyer l'image de la jolie femme, qui paraît-il, j'étais à l'époque, il allait me transpercer le coeur, le corps et l'âme en me renvoyant celle
d'un "batracien".
Un visage de couleur verte était en face de moi .
Un visage tuméfié, lacéré par d'énormes fils partant de derrière la tête, passant devant les oreilles et remontant jusqu'aux tempes, avec deux yeux rouges démesurés, gonflés et désespérés.
Je rêvais, ou plutôt je cauchemardais, ce n'était pas moi cette espèce d'ET qui ne me faisait pas rire du tout et ne m'inspirait aucune tendresse.
L'infirmière toujours aussi peu délicate me lava les cheveux en pestant contre l'équipe de chirurgie qui s'était amusée à me faire de petites tresses africaines dans mes longs cheveux.
Cela avait dû les distraire le temps de mon sommeil et cette idée m'exacerba.
Pendant qu'elle s'acharnait sur leur "distraction", moi, la tête en arrière, je ne comprenais toujours pas comment mon visage avait pu changer de matière.
Il n'était plus fait de chair et de muscles souples.
Ce n'était plus qu'une masse lourde et compacte, énorme étau d'acier refermant ses griffes sur ma peau, enserrant mes vaisseaux dans une compression infernale.
J'étais broyée.

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