Mercredi 6 février 2008
Je ne le souhaite à personne.
Les paupières inférieures avaient été découpées mais trop découpées, laissant un espace entre l'iris et le blanc de l'oeil. Outre l'inconvénient esthétique agrandissant un oeil vers le bas, ce qui est loin d'être le but il y en avait un autre.
La luminosité m'aveuglait et je dus porter des lunettes de soleil dans la journée quelque soit le temps, je n'ai pu les quitter l'hiver quand il n'y avait pas de soleil qu'au bout de dix neuf ans.
De plus ils avaient été également trop étirés.
Bref ce n'était plus mon regard, je me regardais sans me voir ni me reconnaître.
Vous le savez le regard est d'une importance capitale dans un visage, il peut pleurer, rire, attendrir,"capter" l'autre, moi je ne captais plus personne ni plus rien d'ailleurs.
Les côtés du visage avaient enfin cicatrisés tant bien que mal, laissant une marque semblable à une brûlure indélébile.
Du côté droit la marque du scalpel passait devant l'oreille jusqu'à la tempe...
Rien ne me parlait dans ce visage inconnu, je m'étais perdue et ne me retrouvais pas.
Les rides donnent toute sa vie au visage, toute son expression, tout son sens, chacune d'elles va raconter l'histoire de la personne en y laissant une trace si fine et si belle.
Moi je n'avais plus d'expressions, je n'avais plus d'étincelles dans les yeux, je m'étais étrangère, devenue un masque de carnaval.
Ou plutôt un masque de fer.

J'ai choisi ce masque DAN pour représenter ce que j'éprouvais, car il est issu du pays où je résidais et proche de mon ressenti

par Lmvie
publié dans :
Chirurgie esthétique
communauté :
Psychanalyse
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