"Si un humain
n'est pas capable de percevoir la douleur d'un autre, il serait justifié de lui retirer sa qualité d'homme". Bernard Werber
Je les connaissais à peine.
Oui bien sûr que oui, je déverserai ma violence sur eux plus tard, et sur moi même au fur et à mesure qu'elle apparaîtra, et elle surgira souvent à ma grande stupeur.
Ils étaient là pour recevoir, rejetter, se battre, haïr, hoqueter, hurler, cracher, vomir et moi aussi.
Nous déverserons à chaque séance tous, les uns sur les autres, nos terreurs les plus profondes, nos frustrations, nos colères enfouies, nos rancoeurs et notre rage.
Rage du passé, rage de vaincre, rage de vivre alternant avec découragement, effondrement et désespoir.
Chacun reconnaîtra en écoutant parler l'autre, une partie de lui même.
Ils seront un miroir, me renvoyant en plein coeur ce que j'avais terré dans tout mon être, dissimulé, oublié dans toutes les parties de mon corps.
Un corps inerte qui venait de s'éteindre lui aussi.
J'étais un pantin, une poupée de chiffon, molle, affaissée, seul mon visage restait coulé dans du béton armé, j'avais l'impression que des étais le déchiraient.
Dissociée, j'étais dissociée. Mon corps n'était plus rattaché à ma tête.
Chirurgie plastique je te maudis.

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