Ceci est une histoire



Attention ce ne sont pas des articles indépendants les uns des autres, quand vous ouvrirez mon blog vous serez sur le début de mon histoire c'est pourquoi ma présentation commence ainsi et non par ma dernière parution.
En conséquence de quoi, mes articles les plus récents ne sont apparents qu'en dernière page. Dans un module à droite vous trouverez les derniers épisodes et pour revenir il vous suffit de cliquer sur ma bannière. 

Bonne lecture et merci à vous tous qui papillonnez en ce site. 

Mardi 15 avril 2008









                                                             
   "On doit continuer à chercher pour trouver. Quand le soleil se perd dans la nuit, l'espoir guette un reflet". Louise Gélinas



Si je devenais chauve toutes les cicatrices de l'intervention au niveau du crâne, de la nuque se verraient ???
Un frisson me parcoura.
D'autant qu'une dépression s'était créée sur ma tête suite à la deuxième intervention...j'imaginais une rigole rosâtre mise à nue.
Je pleurais et déprimais encore plus.
J'apercevais le gouffre s'ouvrir à nouveau sous mes pas.
C'est alors que mon mari eut ces paroles : "Fais les couper tu les verras pousser".
C'était si bête, si simple mais pas si évident, tout pour moi relevait de l'amputation.
Je le fis mais bien tristement.
Il me faudra plus de deux ans pour retrouver une densité quasi normale à grands renforts de traiements spécialisés, quatre fois par jour et particulièrement au niveau des cicatrices où il y avait une alopécie très nette.
Cette fois je ne ressemblais en rien aux photos que j'avais dans mes albums.
Où étais-je ?
J'avais beau les feuilleter, pas un signe de moi, je cherchais, je me cherchais.
Je pensais "avancer" terme que je trouve ridicule dans ce travail, c'est quoi avancer ? avancer vers quoi ? dans quelle direction? cela ne veut rien dire.
Moi j'avais d'ailleurs plutôt l'impression de reculer.
Déjà que lorsque j'arrivais à mettre un pied devant l'autre c'était déjà une victoire pour moi, alors là dans ce sens oui j'avançais, mais dans la symbolique pour un pas comme ça j'en faisais dix en arrière, du moins c'était mon impression.
D'où l'expression :
"Plus tu pédales moins vite, moins t'avances davantage"...c'est bon une parenthèse de rire...
Encore à l'heure actuelle je redoute l'ouverture des albums de souvenirs.
Cela faisait maintenant dix mois que j'étais en psychothérapie.
Une lumière allait-elle apparaître ?
Plus qu'une lumière, le début d'une révélation à digérer pendant des années.








 


    



par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Les mots dans tous leurs états
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Jeudi 17 avril 2008




C'est toujours le même petit mot pour exprimer sa gratitude, et j'aurais aimé en trouver un autre, mais étant loin d'être une écrivaine hors pair, je préfère que Marcel Proust vous le transmette :

"Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur, elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries"



Heureuse d'être parmi vous

 

par Lmvie publié dans : Parenthèse communauté : Les chroniques de la meute
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Jeudi 17 avril 2008







         "La douleur est l'auxilliaire de la création". Léon Bloy




J'avais changé de travail, après la rupture avec le centre de remise en forme.
J'étais acheteuse dans une centrale d'achats tenue par des Ismaëliens à la discipline rude.
Un matin, assise à mon bureau, je me suis sentie fondre, disparaître.
Ces signes étaient absolument incontrôlables et surgissaient subitement sans prévenir annnonçant forcément quelque chose lié à mon inconscient.
Plus aucune force ne m'habitait.
J'allais tomber, mon bureau était englouti, les sons s'éloignaient, tout n'était que vertige, irréel.
La mort à nouveau venait me rendre visite.
A chaque fois qu'elle s'est présentée à moi, je l'ai reconnue.
A chaque fois je puisais je ne sais où, un soupçon, un sursaut de force pour composer le numéro d'Adam.
Je pouvais à peine articuler, je maugréais : "Je vais très mal, il faut que je te vois".
La réponse était identique à chaque fois : "Viens"
Je pris ma voiture et encore et encore sur la rocade, la lagune m'appelait.
J'arrivais en catstrophe le ventre torpillé par des douleurs abominables, pliée en deux prête à vomir ce qu'il y avait en moi.
Je m'effondrais sur ma chaise habituelle et ces mots sortirent de ma bouche sans réflexion aucune, sans avoir chercher:
"Je l'aime, je l'aime" répétai-je.
"Je l'aime à mourir" pleurai-je.
"Je l'aime" balbutiai-je à nouveau.
De profonds sanglots chauds et ronds remontaient dans ma gorge et se libéraient, me libéraient.
Ils venaient de sortir de mon ventre.
J'avais accouché d'une partie de mon inconscient...oh! une tout petite partie...l'inconscient est si vaste.
"Eh oui" me dit tout simplement Adam.






par Lmvie publié dans : Psychothérapie communauté : Passeurs d'espoirs
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Vendredi 18 avril 2008








      


      "J'ai survécu à pas mal de colères, je les ai remplacées par l'amour, la vie n'est qu'une longue guérison". Sean Penn




Pour Adam c'était une évidence.
Pour moi c'était "nouveau".
Une partie du "refoulé" venait enfin de sortir, de s'extirper de mon être.
De mes entrailles, j'avouais mon amour incestueux pour mon frère.
Entendons nous bien.
Il ne s'agit pas là d'inceste "actif" mais d'une "symbolique" à partir du complexe d'Oedipe, ce fameux complexe plus ou moins "interprété" par nombre de personnes sans même en comprendre réellement la portée.
"Tuer son père, tuer sa mère" et hop le tour est joué...bien sûr que non...ce serait trop simple.
Nous sommes tous marqué par ce triangle "infernal" si je puis l'appeler ainsi, ce trio archaïque plus ou moins bien vécu dans la petite enfance, plus ou moins bien "liquidé" selon chacun.
Notre premier amour c'est qui ?
Poser vous la question, ce n'est certainement pas le premier homme ou la première femme qui, à l'adolescence a provoqué vos premiers émois, ou celui qu'on appelle "l'amour de sa vie".
Je compris alors pourquoi Didier m'avait tant charmé.
Je l'avais aimé comme mon frère...à en crever.
A cet aveu non calculé, éructé, se mêla une colère démesurée.
Je pris la boite de Kleenex qui se trouvait posée sur le bureau d'Adam, réduisit chaque mouchoir en miettes avec violence, avec rage.
Une force invraisemblable s'était emparée de moi, moi qui n'était jusqu'à ce jour que ramollissement et décomposition.
J'aurai pu détruire n'importe quoi sur mon passage, n'importe quel mur de béton barrant ma route à coups de poings.
Je venais de détruire une partie de mon frère.
Son accident avait bouffé mon enfance.
Un silence lourd se fit qu'Adam respecta.
J'étais épuisée mais sereine.
Je venais de sortir du gouffre.
Je sus à ce moment précis qu'une page de ma psychothérapie se tournait, que je n'aurai plus besoin d'Adam.
Il me manquerait, il me manquait déjà.
Je croyais à une fin et ce n'était qu'un début.








par Lmvie publié dans : Psychothérapie communauté : Passeurs d'espoirs
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Dimanche 20 avril 2008











              "La peur ne peut se passer de l'espoir et l'espoir de la peur " Baruch Spinoza



Début, oui mais début de quoi ? 
Après cette année passée, je l'ignorais totalement.
Pour qu'il y ait début il faut qu'il y ait une fin.
Simpliste ?
Pas si sûr.
Souvent hélas on oublie de "clore" avant de "commencer" d'où ce qu'on nomme la "confusion des sentiments", il y a de "l'inachevé" dans l'air, et on se traîne des séquelles qu'on refoule, qu'on occulte, mais qui sont bien là finalement et qui nous "empêchent de" ou qui "remontent" à un moment ou à un autre de notre vie.
Cette fin avec Adam correspondait aussi à une fin de période de vie en Afrique.
Il fallait prendre une décision concernant l'avenir de notre famille.
Nos filles, adolescentes auraient à poursuivre des études après le lycée, chose impossible dans le pays où nous résidions. 
C'était leur pays natal, leurs racines sont là-bas sur cette terre ravagée aujourd'hui par la guerre.
Nous ne voulions pas nous séparer d'elles, c'était notre choix contrairement à certains expatriés.
D'autre part nous étions en 1989 et les premiers soulèvements et manifestations commençaient à poindre dans le pays.
Mon mari était à l'âge du tournant de carrière.
Les éléments étaient réunis.
Il demanda après longue réflexion et en toute connaissance de cause sa mutation en France en accord avec moi car j'étais inquiète et j'avais peur suite à plusieurs agressions dans les rues, interventions de l'armée française dans les lycées pour protéger nos enfants, bref tout ce que vous pouvez voir à la télévision quand un peuple commence à se soulever.
Vingt années passées sous les tropiques déjà...
Je n'ai rien vu...
Tout est allé si vite...
Et heureusement la dépression ne m'avait touchée que la dernière année m'offrant ainsi dix neuf années exceptionnelles dans un pays envoûtant, magique, captivant.
Une tranche de vie rare.
Aujourd'hui je me dis : "Je l'ai vécue"





par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Passeurs d'espoirs
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