Ceci est une histoire

 

 


Attention ce ne sont pas des articles indépendants les uns des autres, quand vous ouvrirez mon blog vous serez sur le début de mon histoire c'est pourquoi ma présentation commence ainsi et non par ma dernière parution.
En conséquence de quoi, mes articles les plus récents ne sont apparents qu'en dernière page. Dans un module à droite vous trouverez les derniers épisodes et pour revenir il vous suffit de cliquer sur ma bannière. 

Bonne lecture et merci à vous tous qui papillonnez en ce site. 

Lundi 14 avril 2008












     "Je vis de mon désir de vivre" Miguel Cervantès




J'avais un tel amour pour eux que mon mari en devenait jaloux.
Il était persuadé que j'avais un amant dans le groupe.
Comment la sexualité pouvait-elle exister dans cet état ?
Nous l'avions enfouie entre nos jambes, dissimulée, oubliée.
Nous ne cherchions que tendresse, caresses de paroles, douceur, l'acte sexuel était pour nous plus que secondaire.
Nous cherchions à sauver notre peau.
A tel point secondaire que bien évidemment je n'avais plus de relations sexuelles avec mon mari qui ne comprenait toujours pas.
Comment l'acte sexuel pouvait-il être indispensable ?
Le corps et l'esprit ne font qu'un, sont indissociables.
Notre esprit était accaparé par la douleur, la tourmente et la mort.
Notre corps faible, effacé, absent.
Comment faire l'amour dans de telles conditions ?
Moi je n'ai pas su.
La dépression était toujours là, bien présente.
Elle me le fit savoir très vite au cas où je l'aurais oubliée.
Un matin en me coiffant la brosse était recouverte de cheveux.
Mon bain terminé, le fond de la baignoire était tapissé de grandes mèches blondes.
Je n'eus pas le choix.
Chaque jour des touffes tombaient me laissant devant ma glace désemparée, une nouvelle épreuve se présentait.
Je n'imaginais pas à quel point la chute de ma chevelure pouvait autant m'effrayer.
La terreur s'empara de moi à nouveau et j'étais prise de tremblements incontrôlables de ma main renfermant une nouvelle poignée de mes cheveux, de moi.
Je repartais en miettes, en lambeaux.
Cela ne finira donc jamais ?






 







par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Psychanalyse
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Mardi 15 avril 2008









                                                             
   "On doit continuer à chercher pour trouver. Quand le soleil se perd dans la nuit, l'espoir guette un reflet". Louise Gélinas



Si je devenais chauve toutes les cicatrices de l'intervention au niveau du crâne, de la nuque se verraient ???
Un frisson me parcoura.
D'autant qu'une dépression s'était créée sur ma tête suite à la deuxième intervention...j'imaginais une rigole rosâtre mise à nue.
Je pleurais et déprimais encore plus.
J'apercevais le gouffre s'ouvrir à nouveau sous mes pas.
C'est alors que mon mari eut ces paroles : "Fais les couper tu les verras pousser".
C'était si bête, si simple mais pas si évident, tout pour moi relevait de l'amputation.
Je le fis mais bien tristement.
Il me faudra plus de deux ans pour retrouver une densité quasi normale à grands renforts de traiements spécialisés, quatre fois par jour et particulièrement au niveau des cicatrices où il y avait une alopécie très nette.
Cette fois je ne ressemblais en rien aux photos que j'avais dans mes albums.
Où étais-je ?
J'avais beau les feuilleter, pas un signe de moi, je cherchais, je me cherchais.
Je pensais "avancer" terme que je trouve ridicule dans ce travail, c'est quoi avancer ? avancer vers quoi ? dans quelle direction? cela ne veut rien dire.
Moi j'avais d'ailleurs plutôt l'impression de reculer.
Déjà que lorsque j'arrivais à mettre un pied devant l'autre c'était déjà une victoire pour moi, alors là dans ce sens oui j'avançais, mais dans la symbolique pour un pas comme ça j'en faisais dix en arrière, du moins c'était mon impression.
D'où l'expression :
"Plus tu pédales moins vite, moins t'avances davantage"...c'est bon une parenthèse de rire...
Encore à l'heure actuelle je redoute l'ouverture des albums de souvenirs.
Cela faisait maintenant dix mois que j'étais en psychothérapie.
Une lumière allait-elle apparaître ?
Plus qu'une lumière, le début d'une révélation à digérer pendant des années.








 


    



par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Les mots dans tous leurs états
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Dimanche 20 avril 2008











              "La peur ne peut se passer de l'espoir et l'espoir de la peur " Baruch Spinoza



Début, oui mais début de quoi ? 
Après cette année passée, je l'ignorais totalement.
Pour qu'il y ait début il faut qu'il y ait une fin.
Simpliste ?
Pas si sûr.
Souvent hélas on oublie de "clore" avant de "commencer" d'où ce qu'on nomme la "confusion des sentiments", il y a de "l'inachevé" dans l'air, et on se traîne des séquelles qu'on refoule, qu'on occulte, mais qui sont bien là finalement et qui nous "empêchent de" ou qui "remontent" à un moment ou à un autre de notre vie.
Cette fin avec Adam correspondait aussi à une fin de période de vie en Afrique.
Il fallait prendre une décision concernant l'avenir de notre famille.
Nos filles, adolescentes auraient à poursuivre des études après le lycée, chose impossible dans le pays où nous résidions. 
C'était leur pays natal, leurs racines sont là-bas sur cette terre ravagée aujourd'hui par la guerre.
Nous ne voulions pas nous séparer d'elles, c'était notre choix contrairement à certains expatriés.
D'autre part nous étions en 1989 et les premiers soulèvements et manifestations commençaient à poindre dans le pays.
Mon mari était à l'âge du tournant de carrière.
Les éléments étaient réunis.
Il demanda après longue réflexion et en toute connaissance de cause sa mutation en France en accord avec moi car j'étais inquiète et j'avais peur suite à plusieurs agressions dans les rues, interventions de l'armée française dans les lycées pour protéger nos enfants, bref tout ce que vous pouvez voir à la télévision quand un peuple commence à se soulever.
Vingt années passées sous les tropiques déjà...
Je n'ai rien vu...
Tout est allé si vite...
Et heureusement la dépression ne m'avait touchée que la dernière année m'offrant ainsi dix neuf années exceptionnelles dans un pays envoûtant, magique, captivant.
Une tranche de vie rare.
Aujourd'hui je me dis : "Je l'ai vécue"





par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Passeurs d'espoirs
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Lundi 12 mai 2008

Mue








        "Celui qui n'a pas peur, qui n'a peur de rien est un imbécile". Claude Jasmin





Durant cette année écoulée j'avais écarté ma famille complètement.
Je n'avais pas le choix, c'était eux ou moi.
Quand une mue a lieu, elle se fait lentement, très lentement, secrètement.
L'animal est en danger durant cette période transitoire.
Il est sans protection et risque le pire jusqu'à sa nouvelle peau.
J'étais cet animal.
Croyez bien que de faire "tomber des défenses" est loin d'être un jeu d'enfants, elles ont servi à se construire, à tenir debout.
Certaines sont nécessaires d'autres nocives à votre être.
En partie désencombrée de certaines nuisibles, je vacillais, trop légère sur moi même.
Il me manquait "des bases" et je devais en retrouver.
D'autant que j'avais perdu dix kilos ne pouvant que très difficilement me sustenter.
J'avais perdu également, et surtout, tout ce que je croyais "être moi" et qui n'était que fabrication de mes parents, de ma fratrie, de la société...etc.
Le temps de ce changement, de cette évolution, de cette mue donc, j'avais dû me terrer.
Oui me terrer.
Mon mari ne comprit jamais mon attitude à l'époque à mon grand désespoir.
Il n'était pas le seul.
Retournez pour ceux qui ont mon âge, vingt ans en arrière.
Psy, dépression ???...qu'était-ce ?
Ma mère elle même m'a lancé cette phrase : "Tu as tout pour être heureuse de quoi te plains-tu?".
Elle me transperçait davantage, déjà peu reconnue par elle, mais encore moins dans la dépression.
Incompréhensible cette maladie, et de nos jours j'ai des doutes encore, car je puis vous dire que je la décèle chez des personnes qui eux ne le savent même pas et quand après un léger épanchement de leur part je tente un : "Tu devrais peut-être te faire aider"...la réponse est : "Pourquoi faire"...
Je n'insiste pas, car pour se soigner il faut d'abord accepter de reconnaître qu'on est malade.





 

par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Passeurs d'espoirs
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Jeudi 15 mai 2008

 

   

  "La pire souffrance est dans la solitude qui l'accompagne". André Malraux 

 



Mon époux et moi avions nos habitudes à la plage, tous les week end nous allions dans une concession tenue par un ami libanais et son épouse française, qui disposaient de plusieurs paillotes que nous louions chaque semaine.
L'endroit était cosmopolite, nous nous retrouvions entre libanais, français, africains, algériens, marocains sans compter ceux, qui de passage en Afrique, venaient découvrir cet endroit de rêve niché sous les cocotiers.
Nous étions en moyenne une trentaine mais nous nous retrouvions parfois à cinquante et aux soirées souvent quatre vingt.
Endroit de joie, de jeux, de fêtes, de danse, de convivialité, de discussions acharnées, d'échanges nombreux sans préjugé aucun.
Tous de races, de religions différentes, "ensemble c'est tout".
Adultes, enfants, adolescents adoraient ce paradis sur terre , les pieds dans l'eau, à la plage sans fin et au sable brûlant sous un soleil de plomb.
Le sport était roi ainsi que la sieste.
Chacun avait totale liberté de vaquer à son loisir favori.
Lecture, bronzage, baignade...
L'apéritif quant à lui était sacré.
Lorsque la nuit tombait irrémédiablement toute l'année à dix huit heures, chacun regagnait sa pailotte pour se doucher et apaiser sa peau dorée et tannée par le soleil. 
Dix neuf heures, la plus grand partie de pétanque commençait sous les rames des palmiers, à la lumière des spots fonctionnant avec un groupe électrogène, et surtout, notre hôtesse préparait un cocktail  toujours assorti de merguez arrosées de jus de citron.
J'ai d'ailleurs gardée cette recette qui étonne toujours.
Evidemment me direz-vous que rêvez de mieux ?
Mon mari recherchait bien sûr cette compagnie, moi la solitude.
Je souffrais de ce monde.
Je n'avais qu'un désir, les fuir.
Je ne pouvais plus supporter ces tables de trente personnes, bruyantes, bien trop bruyantes pour moi.
Seuls, ceux qui ont vécu cette maladie, peuvent comprendre.
Deux années me seront nécessaire pour revenir vers eux.


 

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Vendredi 16 mai 2008

      



       
      "Soyez à vous-mêmes votre propre refuge. Soyez à vous mêmes votre propre lumière". Bouddha





Auparavant je détestais la solitude et m'étourdissais.
A cette époque non seulement je l'avais apprivoisée mais elle était devenue mon amie, ma solitude m'accompagnait je n'étais pas seule avec elle bien au contraire.
Dame de paix et de repos elle me réconfortait et m'aidait à me reconstruire doucement.
Comment expliquer aux autres que j'étais incapable de partager leurs joies, leurs discussions ?
Je n'expliquai rien et préférai rentrer à la maison ce qui déclenchait à chaque fois la colère de mon époux.
Nous ne faisions plus partie du même monde.
Il était dans la vie moi dans ma bulle de souffrance.
Je n'étais plus non plus celle qu'il avait épousé auparavant, ni mentalement, ni physiquement d'ailleurs.
Je me réfugiais aussi dans ma paillote pendant des heures, dévorant quantité invraisemblable de livres.
J'avalais tout ce qui concernait cette maladie, tout ce qui avait trait à la psychologie, tous les remèdes possibles, médecines légales ou parallèles, tous les auteurs ayant souffert du même mal que moi, j'engloutissais des centaines de livres.
Un appétit colossal pour la lecture, que pour la lecture du reste.
Je ne sais plus ce que je cherchais dans tous ces ouvrages, certainement la solution pour sortir de cet état.
Une quête effrénée mais vaine.
La solution n'était pas dans les livres mais en moi.
Malgré tout, j'y trouvais une certaine sérénité et puis je me cultivais un peu plus chaque jour, ce qui ma foi ne porte pas préjudice.
Je me sustentais de mots.
Dans les livres inertes je puisais du vivant.



par Lmvie publié dans : Dépression communauté : Passeurs d'espoirs
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Dimanche 18 mai 2008

     




 "Ici bas, la douleur à la douleur s'enchaîne, le jour succède au jour, et la peine à la peine". Alphonse de Lamartine




Plage dans les deux sens du terme.
Celle que je parcourais était bien réelle.
Je marchais le long du rivage, traînant mon corps décharné.
Les cocotiers baignés de soleil laissaient choir bruyamment leurs palmes mortes sur le sable farineux, gris.
Le bruit était impressionnant et le sol tremblait lorsqu'elles tombaient.
Le son de leur chute s'accompagnait de celui de la barre colossale, rugissante, énorme vague qui se cassait avec un vacarme assourdissant et déferlait jusqu'à mes pieds, puis se retirait avec une telle puissance qu'elle me déséquilibrait.
Elle aurait pu m'emporter.
Je ne l'ai pas choisi même si je fus tentée maintes fois.
Ces bruits je les aimais.
Ils me rappelaient que je faisais malgré tout partie de quelque chose, si ce n'était plus de la société, c'était de la nature, de l'univers.
Là j'existais encore, peu, mais j'existais, du moins je m'en persuadais.
Je portais un chapeau en pagne coloré, car le soleil violent était chose révolue pour moi.
Un simple chapeau, léger comme une plume et qui pourtant pesait une tonne tel un heaume sur mon crâne solidifié.
Car si j'avais réussi un tant soit peu à émerger, mon visage lui se souvenait et me disait que ce n'était pas fini.
Loin de là.
Jamais je n'aurais imaginé que j'étais un embryon de moi, que j'abandonnais à jamais un être humain, et que "l'autre" qui allait apparaître n'était que le vrai moi-même.
J'étais en transit, je n'étais plus celle d'avant mais je n'étais pas non plus la nouvelle.
Situation très inconfortable.
J'aurais aimé lui dire:
"Bienvenue étrangère,je ne te connais pas...qui es-tu ?
J'ai peur.
Très peur.












par Lmvie publié dans : Dépression communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Lundi 19 mai 2008
      







             "J'ai peur du jour où je n'aurai plus peur". Martine Delerm






Voilà mon fortin s'était effondré.
Mon échauguette disparue.
Et pourtant les deux m'avaient terriblement servis toute mon existence, ils me protégeaient d'un attendrissement certainement...stupide certes, mais je fus construite ainsi.
Solide apparemment, du cristal à l'intérieur.
Mes remparts m'avaient cernée afin de faire bloc contre la vie.
Le bloc il était là maintenant sous forme de visage.
Nue comme un ver, dépouillée de mes protections, allongée sur le sable j'écrivais ou plus exactement je tentais d'écrire de longues missives à ma soeur aînée.
Nous avions sept années d'écart ce qui étant petites ne nous avait permis aucune communication, aucune entente.
Nous étions et sommes toujours très différentes.
Forcément, un enfant est identique à ses parents ou opposé ce qui revient au même puisque le référent reste le parent.
Pourquoi me tournai-je vers elle ?
Je n'en sais trop rien.
Parce qu'elle était plus âgée, parce que ma mère ne m'ouvrait pas ses bras sans doute, joli transfert, elle la remplaçait, c'est tout.
Aujourd'hui nous ne nous adressons quasiment plus la parole mais ceci est une autre histoire.
Et pourtant c'était à elle que je racontais jour après jour ce qui m'arrivait.
Ecrire relevait de l'exploit, non pas que je manquais d'inspiration mais il fallait tenir le stylo.
Mon écriture était devenue illisible, comme moi, et je devais arracher de mes doigts une parcelle de force pour que ce fichu feutre reste vertical.
Je sais qu'elle ne comprenait pas grand chose à ce que je pouvais lui narrer, mais elle répondait à mon courrier, elle était là même si ce que j'essayais de lui transmettre ressemblait à une langue étrangère.
Serions nous réunies de nouveau ?






par Lmvie publié dans : Dépression communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Mercredi 21 mai 2008

                                                     

       




     "Le temps guérit les douleurs et les querelles parce qu'on change, on n'est plus la même personne". Blaise Pascal



Ma soeur répondit à mon appel au secours comme je répondrai au sien lorsque son mari trop jeune décédera et qu'elle plongera dans la même tourmente qui m'emportât à l'époque.
J'ai vraiment cru au moment de nos échanges épistolaires, que le lien de fraterie pouvait nous unir pour toujours, à jamais.
Erreur.
Sa main s'était tendue, je l'avais attrapée.
Nous étions comme deux amies.
Sans poser de question, sans jugement, c'était ce dont j'avais besoin.
Ce fut pour quelques années seulement, puis ce fut la rupture, puis à nouveau nous fûmes réunies puis de nouveau la rupture.
Echange élastique, cinglant lorsqu'il claque.
Lien douloureux bien évidemment puisque issu d'une famille dont la base de fonctionnement était le sado masochisme.
J'en parlerai plus tard plus longuement, j'ai mis beaucoup de temps avant qu'elle n'entre dans ma psychanalyse.
Comme si elle n'avait pas joué de rôle dans ma vie.
Sornettes !
Pourtant elle aussi comme les autres membres de la famille avait participé à ma construction mais aussi à ma destruction obligatoirement.
Quand on détruit un immeuble, les pierres utilisées au départ sont bien celles qui tombent au moment de l'explosion. 
Et tout comme pour les autres je finirai par lâcher mes cramponnements à l'enfance pour devenir une adulte.
Et savoir aujourd'hui qui ils sont tous, vivants ou morts, comprendre enfin le rôle que chacun a interprété, ce que chacun a pu orchestrer sur ma musique infantile.
Quelle note chacun a jouer, quelle partition il a écrit en mon coeur, en mon corps, me lacérant de ses portées.
Quel instrument je fus pour eux.























 

   

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Lundi 26 mai 2008
   



"Le courage est le complément de la peur, un homme qui est sans peur ne peut-être courageux". Robert Heinlein


Nos filles étaient parties avant nous pour rejoindre non pas leur terre natale mais cette France qu'elles ne connaissaient qu'en vacances.
En pleine adolescence...pas facile pour elles.
Je montais dans l'avion pour une fois côté hublot, pour bien regarder s'éloigner cette terre qui m'avait accueillie pendant ma jeunesse, pour mon mariage, pour mes accouchements, pour mes joies et mes souffrances.
Le temps était clair, mon mari assis près de moi était silencieux, je savais qu'il laissait ce continent auquel il était profondément attaché.
Nous n'arrivions pas à prononcer un mot.
Le silence parlait de lui même.
Les réacteurs vrombirent, et l'avion s'arracha du sol et mon coeur avec.
Non pas pour le regret de l'Afrique mais pour un changement de vie.
Lentement je vis la forêt tropicale où serpentait les routes de latérite, contraste magnifique entre ce vert puissant et cet ocre poussiéreux, s'éloigner, diminuer, rapetisser pour disparaître à jamais dans le coton des nuages.
Pour la troisième fois j'allais changer de vie.
Que m'attendait-il ?
Que nous attendait-il ?
Je vous raconterai mon départ en Afrique ultérieurement car c'est une histoire, qui, je crois, est originale.
La majorité des personnes que je connais ont toujours eu la même vie, ont changé éventuellement une fois, deux fois, rarement trois ...
Vous me direz, ainsi la monotonie ne s'installe pas, mais ce n'est pas si simple, si aisé.
Une amie m'avait surnommée "les Galeries Lafayette" le slogan de l'époque étant: "Il se passe toujours quelque chose aux galeries Lafayette".
Beaucoup rêvent de terres lointaines, de soleil, de changer tout simplement, quand je dis simplement je pense le contraire, c'est très compliqué...osent-ils ? La peur est souvent présente, l'inconnu terrorise et leurs fantasmes les emportent au delà de leur désir.
Souvent cela reste à l'état de rêve d'ailleurs.
Moi j'alternais rêves et cauchemars.



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