Fétiche Baoulé

J'interrogeais mes filles qui ne voulaient pas me faire souffrir davantage (les seules) en me répondant : "Tu es jolie maman, les cicatrices ne se voient pas".
Elles se voyaient.
Je les remercie de leur adorable mensonge car je puis dire que si je suis en vie c'est un peu grâce à elles.
La cicatrice du crâne ne se referma pas. Ni celle que j'avais en moi d'ailleurs qui sera d'ailleurs beaucoup plus longue à refermer.
Le climat était trop humide et l'ouverture trop large, elle atteignait plus de deux centimètres de large et suintait sans cesse.
Je restais ainsi jusqu'aux vacances d'été, c'est à dire cinq mois sans qu'aucune cicatrice ne daigne guérir.
Nous rentrâmes en France où le chirurgien annonça qu'il fallait réopérer afin de ne pas garder un espace où les cheveux ne repousseraient plus jamais...
J'étais liquéfiée, je n'en aurai pas la force.
J'en eus la force, je ne sais pas où je l'ai puisée et me réveillai une fois de plus le visage bardé de bandes.La couture était faite cette fois à l'aide de grosses agrafes, bien rangées les unes
à côté des autres, une vraie fermeture éclair allant d'une oreille à l'autre.
Mais si l'espace avait été comblé, la tension elle était bien plus forte augmentant cet étau intolérable.
Mes illusions sur la chirurgie plastique s'évanouissaient car le travail effectué ne ressemblait en rien à la première intervention, me laissant penser, et j'en suis persuadée aujourd'hui,
que ce grand ponte avait laissé opérer ses élèves à sa place...c'est d'ailleurs pourquoi je fus endormie la première fois sans le voir.
Je lui écrivis à plusieurs reprises, les douleurs physiques ne satténuaient absolument pas, sans jamais avoir de réponse.
Intouchable vous ai-je dit, je le confirme, et salaud de surcroît.

Qu'importe la douleur d'aujourd'hui puisqu'elle est le commencememt d'autre chose" Paul Claudel
Cette jolie phrase de Paul Claudel est en partie véridique, oui la douleur est le commencement d'autre chose mais le "qu'importe" est de trop surtout quand elle
dure à vie.
Nous avons tous en nous notre propre image même si nous n'y pensons pas, elle est là présente à l'esprit, nous n'avons pas besoin de nous regarder pour nous
représenter.
Moi les yeux fermés je ne retrouvais plus cette image et c'est une sensation terrible,une sorte de plongée dans les ténèbres, une perte, un abîme qui surgissent corporellement et moralement.
De retour sur ce continent aux odeurs pimentées, aux couleurs chatoyantes, à la musique enivrante, les choses s'accélérèrent.
Mes jambes ne me portaient plus et une immense tristesse m'envahissait et m'enveloppait tout autant que la chaleur étouffante qui est encore plus difficile à supporter du fait de ce faciès
cicatriciel et de cette sensation d'étouffement et de strangulation permanente.
Le hasard n'existant pas, et je suis de l'avis de Jérôme Touzalin qui dit : " Il n'y a pas de hasards il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas
lire",
je fis la connaissance de la mère d'une amie de ma fille : Marie Lyne
Petite femme brune, menue, minuscule d'une solidité, d'une volonté et d'une détermination exceptionnelles.
Elle allait faire partie de ma vie, de mon histoire.
Elle me conseilla immédiatement une psychothérapie.
Je ne comprenais pas ou ne voulais pas comprendre.
Comment pouvais-je en avoir besoin ?
Je n'étais pas folle.
"Une colère justifiée est toujours saine" Paul Michaud
Oui aujourd'hui je suis indignée voire en
colère...
Je continuerai mon récit ultrieurement mais je tiens absolument à vous parler de l'émission de Sept à Huit hier soir sur TF1.
L'avez-vous regardée ?
J'écoutais le sommaire quand le présentateur parle d'un scandale concernant un soi-disant chirurgien esthétique résidant à Marseille le Dr Michel Maure mis en accusation par des
patientes...
Il a opéré 5000 patientes rien que ça !!! et actuellement 88 plaintes contre lui sont en cours, il doit être jugé en juin mais pour l'instant il récuse les
accusations.
Ces femmes opérées par lui n'ont pas de recours...
J'ai écouté le récit de l'une d'elles hier soir, elle pouvait à peine le raconter tant sa blessure morale était profonde. Elle avait été opérée sans anesthésie !!! juste un peu droguée
légèrement, elle sentait les mains de ce type fouiller son corps !!! et pendant qu'il l'opérait il en opérait une autre faisant la navette entre les deux, les gants ensanglantés...
Je n'en croyais pas mes oreilles.
L'interview a duré trois minutes..................................
Trois minutes !!!
Voilà pourquoi je pousse mon coup de gueule aujourd'hui, je croyais que vingt ans après ce qui m'était arrivé, la société avait évolué, et je vois devant moi une telle barbarie dont les médias
font à peine cas.
Alors je sais il y a pire....ça c'est la rengaine.
Mais pour celui ou celle qui est désespéré, que fait-on ? rien, cette femme sans recours vivra comme elle pourra.
Cette société "kleenex" me donne des hauts le coeur aujourd'hui.
On vous parle de communication, d'échanges, de relations humaines, d'informations, laissez moi rire, si je puis m'exprimer ainsi car je n'en ai guère envie devant une telle détresse.
Quand je vous disais au début de ma narration que les "ratés" de la chirurgie esthétique on n'en parlait pas ou quasiment pas.
Par contre et je tiens à le redire, prenez n'importe quel magazine féminin et là on ne vous la présente pas comme un cauchemar, bien sûr que non mais comme un rêve merveilleux
!!!
Alors mesdames, une fois de plus attention où vous mettez les pieds ou plutôt les seins.
Cette photo a été prise deux mois AVANT l'intervention

Celle ci un mois APRES
Réflechissez bien !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Derniers Commentaires